Visitez le Mémorial des Déportations

Un nouveau musée à Marseille: le Mémorial des déportations

25 ans après son ouverture le Mémorial des camps de la mort, devient le Mémorial des déportations et propose un parcours renouvelé au sein d’une exposition de préfiguration dont les contenus s’enrichiront dans les prochaines années.

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Historique : le Mémorial des camps de la mort

Le 27 avril 1995, année du 50ème anniversaire de la Libération des camps, le Mémorial des Camps de la Mort fut inauguré par Robert Paul Vigouroux, alors Maire de Marseille.

Symboliquement, le bâtiment alors choisi fut un ancien bunker-lazaret construit par les Allemands en 1943-1944 lors de l’occupation de la ville. Cet édifice avait certainement servi au service de santé de la marine de guerre allemande, la Kriegsmarine. À l’extrémité de la rive nord du Vieux Port et au pied du Fort St Jean, il faisait alors partie du Mur de la Méditerranée (ou Südwall, conçu par l'organisation Todt).

À l’intérieur, au deuxième étage, 18 urnes contenant des cendres et de la terre provenant de 12 camps de concentration et de 6 centres de mise à mort furent rassemblées pour perpétuer le souvenir de tous ceux qui y avaient péris. Il s’agit encore aujourd’hui d’un endroit de recueillement.

En face, une oeuvre du sculpteur Jean-Marc Bourry accueille toujours le visiteur. Elle symbolise par une flèche pointée le danger de la barbarie toujours présent. De part et d’autre, des piliers en bronze représentent les 12 Tribus d’Israël du livre de la Genèse, mais aussi l’être humain anéanti par l’univers concentrationnaire.

En 2012, le Mémorial a fermé ses portes à l'occasion des travaux de construction du MUCEM au niveau du Fort Saint-Jean. Une grue avait notamment été installée dans le jardin du Mémorial, rendant le site impraticable.

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Aujourd’hui, transformation en Mémorial des déportations

Désormais rattaché au Musée d’Histoire de Marseille, partie intégrante de la Voie Historique au même titre que le Port antique, le Musée des Docks romains, le Mémorial de la Marseillaise et divers sites archéologiques, le Mémorial des déportations a pour vocation de s’intéresser aux politiques de déportations mises en oeuvre à Marseille et sa région, plus particulièrement entre 1942 et 1944.

Conçu comme un lieu dynamique en constante évolution, il s’attache à transmettre l’histoire et la mémoire des hommes, femmes et enfants arrêtés à Marseille puis déportés : résistants, politiques, évacués sélectionnés du Vieux-Port, Juifs marseillais et réfugiés…

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Mémorial des déportations © N.Ammirati

S’appuyant sur un comité scientifique, la réouverture du Mémorial suit un double objectif :

  • un objectif d’historisation, de compréhension générale et de transmission d’éléments de contexte sur les principes idéologiques, les acteurs et la temporalité qui ont guidé les deux politiques de déportation depuis la France occupée : répression des suspects qui entraîne la déportation vers les camps de concentration et persécution des Juifs qui vise à leur assassinat systématique dans les centres de mise à mort.

  • un objectif local mettant en avant la singularité de l’histoire de Marseille et de la population qui la composait durant la Seconde Guerre mondiale : Marseille ville refuge, ville transit des étrangers, des Juifs, des opposants au nazisme et au fascisme, la mauvaise image de la ville, première capitale de la résistance, les Groupements de Travailleurs Étrangers, les camps d’internement et d’hébergement, l’importance des rafles, des déportations, la destruction des vieux quartiers.

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Enfin, le Mémorial tente de répondre à la dimension de patrimonialisation, permettant de replacer le bâtiment dans son contexte de construction, son inscription au sein du Mur de la Méditerranée (Südwall).

Ainsi, l’exposition de préfiguration de décembre 2019 et sa programmation à venir permettent-elles de poser les intentions historiques, scénographiques et artistiques de ce nouveau projet.

Par la suite, une restructuration du parcours se déploiera à l’horizon 2020-2022. L’une des priorités de développement sera notamment de proposer un lieu inscrit dans un réseau et ancré dans le territoire, en relation avec d’autres institutions (partenariats, visites couplées…), ainsi que de proposer une programmation hors-les- murs : conférences, balades urbaines, application numérique...

 

Mémorial des déportations © N.Ammirati

L’exposition de préfiguration

Rez-de-chaussée

Le bunker-infirmerie
Cet espace resitue le contexte du bâtiment, avec une photographie du bunker à la Libération, un plan des fortifications allemandes sur le port. Un dispositif interactif met en évidence les traces de bunkers ou de casemates à Marseille aujourd’hui (bunker de Saint Tronc, de Saint-Louis, de Notre-Dame de la Garde, de Ratonneau, l’HKB Escalette (Heeres Kusten Batterie : batterie de côtes armée de terre) et la Base sous-marine Martha). Il est enrichi d’extraits de témoignages sur le quotidien des bunkers d'un des rares survivants de la Wehrmacht Karl-Théodor Wohlenberg, qui était affecté sur l'île du Frioul.

Frise chronologique
Frise chronologique comparée Marseille / France / International (1939 – 1944) permettant une mise en contexte de la ville au regard des événements en France et dans les pays belligérants.

Des déportations ?
Panneau axé sur les processus de déportations et leurs évolutions, distinguant notamment les déportations de persécution des déportations de répression.

Le parcours de déportés
Présentation de récits particuliers : ensemble de panneaux de verre revenant sur 19
destins individuels ou collectifs, hommes, femmes et enfants depuis leur arrestation
par mesures de répression ou de persécution à leur parcours de déportation depuis
Marseille entre 1940 et 1944.

 

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Témoignages de déportés marseillais
Espace de lecture sur deux écrans interactifs donnant accès à une quarantaine de témoignages écrits issus de trois ouvrages :

  • Marseille, Vichy et les nazis, Le temps des rafles, La déportation des juifs. Paru en 1993, Amicale des Déportés d’Auschwitz et des camps de Haute-Silésie, sous la direction de Christian Oppetit
  • Provence Auschwitz, de l’internement des étrangers à la déportation des juifs 1939- 1944. Paru en 2007, Publications de l’Université de Provence, collection le temps de l’histoire, sous la direction de Robert Mencherini
  • Marseille se souvient du temps des rafles. Paru en 1995, Exposition réalisée par le Mémorial du Martyr Juif Inconnu, le Centre de Documentation Juive Contemporaine et le Musée du vieux-Marseille. Commissaire Anne-Sportiello.

Marseille, 1943. Une histoire oubliée !
Film sur les événements de janvier-février 1943 à Marseille : rafles, évacuations, déportations et destructions. Il présente l’histoire méconnue des rafles massives et des déportations à Marseille, suivie de l’expulsion totale d’un quartier et de sa destruction en 1943. Le récit est constitué d'interviews d’historiens et de nombreuses images d’archives, il s’appuie également sur des cartes animées permettant de comprendre pas à pas l’organisation et le déroulement des rafles et opérations d’évacuation.

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Au 1er étage

Exposition « Répressions et déportations en France et en Europe, 1939-1945 », conçue par le Mémorial de la Shoah

Durant la Seconde Guerre mondiale, le IIIe Reich et ses alliés ont mis en oeuvre un ensemble de politiques répressives, avec des modalités et des visées différentes. Celles-ci furent destinées non seulement à réprimer leurs opposants et adversaires, mais également à remodeler les territoires sous leur contrôle, notamment en s’attaquant à différentes populations.

Au coeur de ces politiques répressives se trouvent les déportations, qui ont joué un rôle essentiel. Si en France ce terme est devenu, depuis la fin de la guerre, synonyme d’envoi dans les camps de concentration, il recouvre cependant un ensemble de réalités bien plus larges. En soi, la déportation est un transfert de population, servant un objectif, une finalité : déportation vers un territoire, vers les camps de concentration, vers des lieux d’assassinat…
Exposition proposée jusqu’en septembre 2020.

 

Projection de quatre témoignages de la série documentaire « Les Derniers » : Albert Veissid, Flora Eskenazi, Ginette Kolinka et Suzanne Laugier
Récit de quatre anciens déportés depuis Marseille sur ce qu’ils ont vécu et sur leur vie après. Ils ne sont plus nombreux à pouvoir témoigner des camps de concentration, une centaine d’hommes et de femmes, qui se sont longtemps tus face à une France d’après-guerre peu encline à les écouter. Rescapés grâce à des hasards le plus souvent, ils ont su développer une résilience, un courage et une humanité extraordinaires.
En libre accès sur www.lesderniers.org
Projection proposée jusqu’en septembre 2020

Projection : Les évacués du Vieux-Port : Témoignages extraits du film "Opération Sultan" de Jean-Pierre Carlon, les Porductions du Lagon, 2004

Le Mur des Noms :
4106 noms de déportés de Marseille, par mesures de répression et de persécution, avec leur âge au moment de leur déportation sont inscrits sur le Mur des Noms. Cette présentation a une vocation symbolique et permet de redonner une identité aux hommes, femmes et enfants envoyés vers des prisons du Reich, des camps de concentration ou des centres de mise à mort.
Liste évolutive rendant compte des travaux de recherche menés par des historiens et des associations qui sera complétée au fil des mois.

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Mémorial des déportations © N.Ammirati

2ème étage – Espace de commémoration

Ouvert aux artistes, espace sensible qui permet d’interroger de manière différente le lieu et les événements. Maintien in situ de la sculpture de Jean-Marc Bourry et des urnes installées lors de la première inauguration du Mémorial en 1995.

Projection de l’oeuvre « Pour te rejoindre »
Création audio et vidéo inspirée de l’oeuvre peinte de Judith Bartolani « Les funérailles de Sara » projetée aux murs sur l’ensemble de l’étage.
Dessins de Judith Bartolani, création vidéo de Dominik Barbier et d’Anne Van den Steen, musique de Kasper Toeplitz, 30 mn.
Projection proposée jusqu’en décembre 2020

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Mémorial des déportations © N.Ammirati

Infos pratiques

Mémorial des déportations
Avenue Vaudoyer 13002 Marseille
musee-histoire-marseille-voie-historique.fr

Horaires
Mardi au vendredi : 11h – 18h (de 9h30 à 18h durant les vacances scolaires)
Samedi et dimanche : 9h30 – 18h
Fermeture hebdomadaire le lundi, sauf les lundis de Pâques et de Pentecôte
Fermeture les jours fériés suivants :
1er janvier, 1er mai, 1er novembre, 11 novembre et 25 décembre

Entrée gratuite dans la limite des capacités d’accueil
Lieu accessible – Ascenseur.

Réservations
04 91 55 36 00
musee-histoire@marseille.fr

Accès
Métro : M1, station Vieux-Port
Voiture : Parking Jules Verne / Mucem
Bus : Lignes 60 et 83, arrêt Mucem St-Jean

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